Aller au contenu principal

CAMILLE : si un médecin vous dit que c’est normal d’avoir mal, partez !

Il était une fois une jeune fille qui découvrait les joies de devenir une jeune fille. A 11 ans, elle voit débarquer : les règles. Au début, elle était contente mais cette joie fut de courte durée car commencèrent à arriver les douleurs. Elle se souvient qu’au collège, ces douleurs arrivaient à n’importe quel moment : elle prenait du Doliprane, le fameux Spasfon… Elle se rappelle de ces journées où elle arrivait encore à se lever pour aller en cours mais elle était pliée en 2 sur sa table, impossible de se concentrer car la douleur était insupportable. Elle finissait les après-midi à l’infirmerie.
Cette jeune fille finit par ne plus pouvoir se lever pour aller à l’école. Elle resta couchée en position foetale à pleurer de douleur et d’incompréhension fasse à ses douleurs atroces.

A 16 ans , ses parents l’emmenèrent chez le gynéco de famille. Il lui annonça que c’était normal d’avoir mal et il lui prescrit la fameuse pilule et de l’Antadys. Cette jeune fille naïve pensa qu’elle serait enfin tranquille et que les douleurs ne seraient plus là.
Les vilaines finirent par être toujours plus douloureuses car l’Antadys ne fonctionnait pas sur elle. Et deux nouveaux symptômes arrivèrent : les nausées et les vomissements au réveil. Son médecin traitant lui prescrit du Vogalène contre les nausées. Le seul cachet qui fonctionne.

Elle continue à faire son suivi gynécologique tous les ans. Et, le gynéco qui garde le même discours, « c’est normal ».  L’année sur bac , elle se dit qu’elle ne peut pas rester comme ça. Elle ne peut pas continuer à rater les cours . Elle découvrit l’Ibuprofène. Qui lui permit de pouvoir se lever et d’atténuer la douleur. Donc, une organisation s’impose : le réveil sonne 30 min avant pour pouvoir avaler ces 2 médicaments. Le gynéco finira lui changer sa pilule pour Minidril qui ne changea rien.
Alors, elle décida de vivre avec ses douleurs, de serrer ses dents et surtout de se taire.
Elle se sentit mal dans sa peau, incomprise, survivant et étant prisonnière de sa douleur. Au fond, elle savait que ce n’était pas normal cette souffrance car elle était la seule à vivre ça : personne ne comprenait. On lui disait que c’était dans sa tête.
Un jour, lors d’une visite de contrôle, lors d’une écho, le gynéco lui annonça qu’elle avait un kyste sûrement fonctionnel sur l’ovaire droit. Soit elle le garderait toute sa vie soit il partirait comme il était venu.

Mais une jour à l’âge de 22 ans, une violente faillit lui coûter la vie. Elle se retrouva sur le sol de sa salle de bain à hurler de douleur. Elle finit aux urgences un soir de décembre. On finit après plusieurs examens à lui annoncer qu’elle était transférée dans une maternité pour se faire opérer car elle avait du liquide dans le ventre. Le médecin lui indiqua que c’était soit une infection sexuelle ou un kyste. Il ne savait pas. Mais , elle sut au fond elle que c’était ce fameux kyste.
Elle fut transférée dans un autre hôpital. Elle ne parla pas dans l’ambulance car elle avait peur mais elle se souvient de la gentille ambulancière qui la rassura.
Elle rencontra une nouvelle équipe très gentille qui lui expliqua qu’on lui fera 3 incisions et qu’elle sortira 3 à 4 jours après l’opération.

Malheureusement suite à un choc anaphylactique au curare, elle eut une laparotomie en urgence. La trompe et l’ovaire ont été conservé. Elle finit par apprendre que c’était un kyste endométriosique. Et que la pilule était la seule solution pour éviter de nouveaux kystes.

Entre temps , elle tomba enceinte naturellement. Elle n’eut plus de règles pendant plus 2 ans grâce à la grossesse et à la pilule continue. Mais les douleurs finirent par revenir.
Quelques années après, avec son nouveau compagnon, elle tenta de faire un bébé. L’arrêt de la pilule fut un enfer. Elle changea de gynéco car elle n avait plus confiance. Le nouveau lui parla de PMA , il voulait qu’elle tombe enceinte avant de traiter l’endométriose. (je vous parlerai de la PMA dans un autre témoignage).
Cette jeune femme finit par retourner chez son médecin traitant en pleurs après de nouveaux malaises à cause de la douleur. Elle arriva en pleurs au cabinet pour avoir de nouveau la pilule. Il lui indiqua qu’il fallait traiter cette maladie. Il lui prescrira un IRM .
La radiologue lui indiqua une légère endométriose donc que l’opération ne servait à rien. Il fallait prendre la pilule. Cette jeune femme avait 29 ans, elle sortit du rendez-vous dégoûtée. Elle prit la décision de ne plus consulter de médecin et de rester dans sa douleur.

Le 10 mars 2018, je rencontrai un nouveau gynéco. Il m’indiqua que j’avais une endométriose pelvienne profonde. Il m’a orientée vers une chirurgienne spécialisée en endométriose pour une opération. Il m’a dit : « on ne vous laissera pas souffrir. On va vous soigner.  » Je suis sortie du rendez-vous en pleurs car soulagée d’être enfin prise au sérieux. Il m’aura fallu 18 ans pour trouver un gynécologue à mon écoute.

Mon message : la douleur n’est pas normale. Si un médecin vous dit c’est normal d’avoir mal. Partez et changez jusqu’à trouver le gynécologue qui prendra vos symptômes au sérieux.

Camille, 29 ans

Marie-Sophie Germain Tout afficher

Journaliste spécialisée en NAC au Magazine 30 Millions d’Amis depuis 20 ans, auteur de nombreux livres sur les NAC, créatrice des sites PassionCobaye.Com , NAC-Magazine.Com et MonEndometriose.net

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :