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EDITH : on ne guérit pas de l’endométriose

À 11 ans j’ai mes premières règles. Toujours abondantes, douloureuses. On me dit que c’est normal, me prescrit de l’Antadys à 14 ans… bref c’est normal, c’est ça de devenir une femme paraît il ! À 19 ans je rencontre mon futur mari. À 20 ans je suis maman d’une petite fille. À 23 j’ai un petit garçon. À 25 ans je perds mon 3ème bébé à 3 mois et demi de grossesse, un petit garçon… Et là tout dégénère…

Entre mes 3 grossesses je prenais la pilule mais j’avais beaucoup de difficultés à la supporter. Migraines et des règles hémorragiques et anarchiques… Suite à ma fausse couche je consulte un nouveau gynéco, car celui que j’ai eu pour mes 2 précédentes grossesse est parti en retraite. Je lui raconte mes différents problèmes et il me prescrit une énième pilule à prendre en continu, pour voir, dit-il…

Je me retrouve aux urgences : hémorragie. Là bas on me dit de retourner chez mon gynéco. Je retourne le voir, il me fait une écho et d’une façon tout à fait banale me dit que mon utérus est atteint de polypes. Ce n’est rien ! Il faut faire mon suivi annuel. (Mon mari est présent, au retour il me dit qu’il trouve ce gynéco hautain, mais comme il a bonne réputation, on décide de faire avec…) Alors il me prescrit du Lutényl… Ça marche 6 mois, et puis règles et hémorragies.

De nouveau aux urgences… un médecin me dit que ce n’est pas normal et puis me conseille de revoir mon gynéco. J’habite une petite ville, c’est un petit hôpital, mon gynéco est à Lyon, dans une clinique réputée, je me dis que je peux avoir confiance… Retour gynéco… Il me prescrit du Lutéran et en cas de saignements de l’Exacyl un antifibrinolytique pour coaguler… Je vais faire ça pendant 3 ans.

Puis lors d’une visite où je lui fait part de douleurs dans ma vie intimes, de douleurs abdominales intenables il me prescrit une IRM, qui confirme un utérus augmenté de taille et avec des myomes. Mais rien d’alarmant dit le radiologue. Retour gynéco… il confirme un utérus « inhospitalier »… et oui c’est le mot employé !… Et me donne une énième pilule à prendre en continu. Et me conseille de maigrir et de moins m’écouter… Ce ne sont que des règles… j’aurai du claquer la porte du cabinet à ce moment là… mais désemparée je n’en fais rien… Et là c’est de pire en pire… hémorragies, règles pendant 15 jours, douleurs atroces, ventre qui gonfle…

Je suis arrêtée 6 mois pour dépression… mon mari s’inquiète mais me soutient. Je refais une IRM au bout de 2 ans… Et le gynéco on me dit qu’il faut opérer. Il suspecte une adénomyose. En ambulatoire je subis une endométrectomie… un cauchemar. Mon mari a eu très peur, on me fait sortir mais je suis hospitalisée d’urgence le lendemain pendant 4 jours suite à un malaise et des douleurs et vertiges… on commence à se poser des questions… je n’arrive pas à m’en remettre… Lors de ma visite de contrôle il me reconseille de maigrir, et me dit de toute façon les femmes se plaignent sans cesse de leurs règles. Je dois revenir le voir dans 6 mois…

Au bout de 6 mois de calvaire, je reviens au cabinet avec mon mari. Le discours du gynéco qui veut me forcer à accepter un stérilet Mirena fait sortir mon mari de ses gonds, il se lève, lui dit ses 4 vérités, me prend par la main et on claque la porte ! Sur les conseils d’amis on consulte un gynécologue du centre lyonnais de l’endométriose. 1er rendez-vous, mon mari est là, je pleure, en expliquant mon parcours, je lui montre les IRM, et le gynécologue devient blême.

D’un ton calme, il met des mots… adénomyose profonde, endométriose, atteinte sur vagin, rectum, vessie, uretères, ligaments utéro-sacrés, ovaires, coelioscopie et hystérectomie totale, on conserve les ovaires… Je ne comprends pas, lui non plus que son confrère n’ait rien vu. Il me rassure, me console, me dit d’aller sur les sites des associations et me dit : « on va se battre ensemble, madame. Je suis là pour ça! » Je m’effondre. Mon mari me console. On se sent compris et pris en charge. On est soulagé… d’un poids de 10 ans…

Il m’opère 1 semaine plus tard. Le 24 février 2017… depuis je l’ai vu 3 fois… car j’ai toujours des douleurs… et oui on ne guérit pas l’endométriose ! Mais c’est mieux depuis l’opération, les douleurs sont moins fréquentes et moins intenses. Il m’a fallu du temps pour accepter que je serai toujours malade… mais je lutterai ! Et non je ne m’écoute pas trop ! Je suis une ENDOGIRL !

Edith, 34 ans

Marie-Sophie Germain Tout afficher

Journaliste spécialiste des Nouveaux Animaux de Compagnie : 30 Millions d’Amis (depuis 20 ans), Animal Distribution, Pets International, Pets Today - Auteur de 15 livres sur les NAC - Créatrice de NAC-Magazine.Com, PassionCobaye.Com et MonEndometriose.net - Toutes mes infos sur mon site pro : www.msgermain.net

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